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Que doit le château d'Allègre à La Bastille ?

Voici une de ces rencontres improbables... qui ont bien lieu !
Par quelle succession de hasards une "petite" baronnie de Velay se trouve t'elle dans l'influence d'un roi de France, qualifié de Sage, dont le règne apporte, entre autres, un profond renouveau de l'architecture et de l'artillerie ?
Par quelle succession de hasards le château de cette baronnie va t'il bénéficier des dernières nouveautés des châteaux royaux des XIV et XV e siècles ?
Ci-contre, une photo de la maquette de La Bastille, réalisée par Stéphane Bétin à l'occasion du bicentenaire de la Prise de La Bastille. 1789-1989.
Lisez le document pdf ci-dessous pour le savoir... en patientant un peu, le temps de son ouverture.
Merci.


 la_bastille_et_le_chateau_d_allegre.pdf

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Château, reparium, castrum...

Perché à la cime du mont Baury, le reparium de la première famille (on disait "race", maintenant on dit plutôt "maison") des d'Alegre, chevaliers puis barons, et Grasacum, bourg au pied du même volcan, se joignirent et devinrent Allègre !
Pourquoi user du mot "reparium" qui peut paraître pompeux ou snob...?
Le mot de latin médiéval reparium ne signifie pas "repaire" dans le sens actuel de repaire de brigands. Il est de la même famille que "réparer" et "retour". Le sens est celui du retour à la maison du Père. Là ou on se "répare", où on se refait une santé. Il est voisin de Père et Patrie. Il est voisin d'aparier : mettre ensemble deux par deux des éléments de mêmes nature et valeur.
Castrum (ou motte castrale), comme reparium, sont les mots utilisés dans les textes du Moyen Âge pour désigner le lieu où le chevalier se retire entre deux guerres, le plus souvent guerres privées. C'est plus que le château lui-même. C'est le groupe "château + chapelle ou église + habitat". On sait qu'à Châteauneuf (d'Allègre) il y eut un château, une église et des maisons. Châteauneuf fut un castrum, et pas seulement un château... ni un "repaire de brigands" !
Chevalier ou milès ? Il faut faire le même rappel de sens médiéval pour le mot "chevalier". On lui préfère le mot milès au singulier et militès au pluriel.
Je ne mets un accent que pour guider la prononciation car le latin, le latin médiéval puis le français jusqu'au XVIIIe s n'utilisent pas les accents. On n'en trouve que rarement en français médiéval au même titre que la ponctuation et les points sur les i ou j. W, K et Z n'y sont pas en usage. L'accent circonflexe ne remplacera le "st" qu'au cours du XVIIIe s.
Les chevaliers mêlés aux Compagnies , lorsqu'ils ne sont pas les aînés de leur maison, sont souvent, au Moyen Âge, de jeunes hommes, cadets de familles priés d'aller gagner leur vie hors des terres du père ou du successeur du père. L'enfance ne dure pas plus que dans les familles paysannes. Le jeune bachelier, futur chevalier, doit vite gagner sa vie... Guerres et tournois sont, dans le code de la chevalerie, les modes de vie apropriés pour devenir soi-même un baron ou un chef de guerre nanti. Le jeune bachelier peut aussi devenir écuyer au service d'un chevalier ou d'un baron plus âgé et plus riche.
Tels les jeunes lions chassés du groupe natal par le mâle dominant, les jeunes chevaliers se regroupent parfois pour conquérir ou mériter une terre, bâtir leur castrum, leur reparium. Il est fréquent que leur mode de vie guerrier les apparente à... des brigands et donne au repaire le sens péjoratif actuel...
Selon les textes, on s'aperçoit vite que ces mots du latin médiéval, "bas latin" ou "vieux français", ont des acceptions actuelles, des sens "modernes", variés et nuancés. Les traduire c'est choisir un sens restreint au détriment de plusieurs autres nuances. C'est orienter le texte... et parfois faire un contresens. Par respect pour les relectures ultérieures, le constat fait préférer le terme latin lui-même plutôt qu'une traduction orientée ou aléatoire !
Chez Froissart un glaive est une lance, mais chez des scripteurs  contemporains c'est une épée. Et leur langue, qui n'est déjà plus le latin, n'appelle qu'une transcription, pas une traduction... Aujourd'hui, comme toujours, les mots n'ont pas le même sens pour tous... Rien n'a changé...
Loin d'être du snobisme, l'usage de tels mots latins, non traduits, est le plus souvent de la modestie et de la prudence.
Photo ci-contre, la Potence menaçant ruine vers 1950. C'est à cette époque, et pour la sauver, que s'est formée l'association des Amis d'Allègre.


 machicoulis.pdf

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Le château d'Allègre...

Si les hypothèses permettaient de financer un château, ou comme des pierres, d'en construire un, il y aurait au sommet du volcan de Baury (aussi Boury), une pile de châteaux superposés...
Partant de l'observation des vestiges, des textes-sources fiables, de deux relevés, de la vérification in situ des mesures précédemment faites, nous vous proposons cette restitution du Château d'Allègre dont les vestiges nous sont parvenus, nommés "La Potence" par la tradition populaire.
Voyez cette étude en pdf. et images, ci-dessous.


 plan_du_chateau.pdf

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Les Grandes Compagnies

L'époque où Allègre eut à souffrir des Grandes Compagnies, que froissart écrit comme on prononçait, "compaignies" fut un moment des Guerres de Cent Ans. Une période des Chevauchées et des Grandes Compagnies. Un temps des Chroniques de Jehan Froissart. Un demi-frère de Charles V, Jean duc de Berry et d'Auvergne, esthète, mécène, stratège et assassin.
Localement, cela coïncida avec la fin de l'ancienne famille des Alegre et l'arrivée imprévisible pour le "petit peuple" d'une nouvelle famille, les seigneurs de Tourzel.
Voyez le document pdf. ci-dessous.


 les_grandes_compagnies.pdf

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Allègre, 1361-1393, moment des Guerres de Cent Ans.

Comment les habitants d'Allègre et de son faubourg qu'on appelait certainement encore Grazac, vécurent-ils ces 32 années d'incertitude, en pleines guerres de Cent Ans ?
Ces deux sceaux apposés aux écuries du Château en 2009 illustrent l'hésitation qui régna peut-être au moment ou de nouveaux seigneurs remplacèrent les anciens. Mais le "petit peuple" était fataliste...
Des éléments de réponse vous sont apportés par le document pdf. ci-dessous.


 allegre_guerre_de_100ans.pdf

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